EVE: Entraide Vol à l’Étalage
17 avril 2009Le jour où Maria est entrée dans une pharmacie et a caché dans son manteau 2 rouge à lèvres Dior et un vernis à ongle Lise Watier, elle ne voyait pas la gravité du geste qu’elle posait. Elle avait envie de ces produits luxueux et dispendieux. Quelle différence cela pouvait-il faire pour un Jean Coutu de cette taille?
Le jour où Céline a fait la même chose dans une épicerie, à la fin du mois alors qu’elle avait besoin de jambon pour les lunchs de ses enfants, elle ne croyait pas non plus qu’elle allait se retrouver avec un antécédent judiciaire.
Quant à Françoise, la soixantaine bien sonnée, la voiture de luxe dans le stationnement des Promenades St-Bruno, elle avait peu de chance de ne pas être repérée par la sécurité lorsqu’elle a quitté le magasin LaBaie avec une grosse cafetière espresso dans les mains sans la payer.
Le vol à l’étalage est un crime commis par les femmes. Alors que la clientèle des criminalistes est généralement constituée d’hommes, en matière de vol à l’étalage : on retrouve beaucoup de femmes.
Que l’on soit confronté à un manque de jugement passager provoqué par le désir d’un bien de luxe ou à un vol provoqué par une pauvreté galopante qui pousse les femmes à subtiliser des biens de consommation pour se nourrir et nourrir leur famille, le Code criminel considère qu’il s’agit d’un vol. Une condamnation criminelle pour un vol entraîne un antécédent judiciaire soit un casier criminel.
Mais il y a de l’espoir. La Société Elizabeth Fry a mis sur pied en 1988 le programme EVE (entraide vol à l’étalage) qui s’adresse aux femmes faisant face à la justice criminelle en matière de vol. Le programme permet aux femmes de participer à des rencontres avec des intervenantes et d’autres femmes confrontées à la même problématique criminelle afin d’échanger et surtout de trouver des solutions.
La bonne nouvelle réside aussi dans la grande ouverture d’esprit démontrée par les tribunaux et les procureurs de la poursuite qui vont traiter de façon particulière les accusées ayant participé au programme EVE: Cette cour qui, comme d’autres, fait preuve d’ouverture vis-à-vis les programmes de réhabilitation, se montre souvent tout aussi humaniste dans le traitement des plaintes et des sentences sans négliger son mandat sur la protection de la société.
Une femme accusée de vol à l’étalage devrait toujours être informée par son avocate de la défense qu’il existe un organisme prêt à lui donner du support afin de minimiser les conséquences criminelles du geste qu’elle a posé. Ainsi, c’est aussi le travail de l’avocate de la défense de diriger ses clients vers des ressources qui peuvent l’aider autant au plan personnel qu’au plan judiciaire. N’hésitez pas à vous renseigner, pour vous-même ou pour une proche. N’attendez pas de vous retrouver accusée au criminel pour obtenir l’aide nécessaire.
En conclusion, le jour où Françoise a volé la machine à café : elle avait 500$ comptant dans son sac à main, des cartes de crédit plein son portefeuille, un fils unique qui venait de quitter la maison, un mari absent. Elle n’avait pas besoin d’argent, ni de machine espresso. Elle avait besoin d’aide.







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